Le
21 décembre 2005
François Hubert
Les
amoureux du français : Cyberpresse
Le carnet Web Les amoureux du français, de Paul Roux
et Fabienne Couturier, est un bon exemple de qualité
du français. Ce carnet de Cyberpresse se distingue
par ses phrases courtes, ses textes
exempts de fautes et son respect d'une
typographie.
Phrases
« Cette
règle est en quelque sorte un archaïsme. Littré,
entre autres, la préconisait. Le Nouveau Littré
la conservée. » [Le
genre des lettres]
« Plusieurs
traductions ont été proposées.
Vincent a parlé du centre des opérations. »
[War
room]
« La
ponctuation des propositions relatives est souvent fautive.
Voici un petit mode demploi. » [Les
propositions relatives et la ponctuation]
Le conseiller linguistique à La Presse, Paul Roux,
a un style sobre. Mais il s'exprime toujours clairement et
en peu de mots. Roux défend d'ailleurs une discipline
de lisibilité en journalisme : « Passez
chaque mot en revue. Fournit-il une précision utile
ou superflue? Tel détail a-t-il été mentionné
précédemment? Pourchassez les adjectifs fleuris,
les adverbes superflus... »
Dans
l'exemple sur la règle devenue archaïsme, Paul
Roux évite toute précision « inutile » :
il aurait pu écrire quels étaient les « autres
», mais ne l'a pas fait. Il se limite à l'essentiel
: « Littré, entre autres ».
Dans
l'exemple sur les traductions proposées, le conseiller
ne cherche pas à relier les deux phrases par une tournure
de transition. Exemple : « Dans ce contexte,
Vincent a parlé... ». Roux va plutôt
droit au but, simplement, au risque de faire télégraphique :
« Vincent a parlé du centre des opérations. »
Idem
pour le troisième exemple, sur la ponctuation.
À
l'école, nous avons appris à disserter. Sur
le Web, nous pourrions apprendre à faire court! « Des
journaux bien écrits et sérieux comme Libération,
Le Figaro et Le Monde emploient moins de 20
mots par phrase », nous apprend le carnetier.

Début
Fautes
«
Mais je vous en parle surtout parce que cela m'a amenée
à chercher de l'information dans un forum de discussion
sur... » [SUR
Bangkok]
«Je
tousse comme Pierre Bourgault, moi qui n'ai jamais fumé
qu'un inoffensif pétard de temps à autre... »
[Rhume
ou grippe ?]
« Dans
le premier cas, il faut comprendre que seuls les voyageurs
qui étaient fatigués se sont endormis. Dans
le second... » [Les
propositions relatives et la ponctuation]
Habitués
à se relire, les deux carnetiers font très peu
de fautes d'orthographe ou d'accord (mais il n'est pas si
facile que ça de relire, d'un il neuf, son propre
texte!).
Dans
le premier exemple ci-dessus, la réviseure Fabienne
Couturier aurait pu aisément oublier que « je »
est féminin et qu'il commande l'accord d'« amené ».
Dans
le deuxième exemple ci-dessus, elle évite aussi
une faute très courante à l'oral au Québec :
utiliser la forme « moi qui » suivie
d'un verbe à la troisième personne (a) plutôt
qu'à la première (ai).
Dans
le troisième exemple ci-dessus, Paul Roux évite
à son tour un écueil : il aurait pu écrire
« deuxième » plutôt que «
second ». L'usage de « second »
est de mise lorsqu'il n'y a que deux éléments
(dans ce cas-ci : deux exemples).

Début
Typographie
« Pendant
la Seconde Guerre mondiale... » [War
room]
« Le
mot timing est aussi employé, tant en France
qu'ici... » [Sens
du timing]
...j'écrivais
qu'il ne faut pas dire «Ça fait des lunes que
je ne la vois plus»... [Lustres
et lunes]
Dans
l'exemple sur la guerre, Paul Roux écrit « Seconde
Guerre mondiale », avec une capitale aux deux premiers
mots. C'est ce que recommande le Ramat de la typographie.
Dans
l'exemple sur timing, Roux met « timing »
en italique. C'est là l'usage, en français,
pour les termes ou expressions de langue étrangère.
Dans
l'exemple sur les lunes et les lustres, le conseiller respecte
aussi la règle du discours rapporté dans une
phrase, où les guillemets sont de mise.

Début
>>
L'écriture Web du carnet est louable pour sa
structure à deux niveaux :
Niveau 1,
recherche : texte incomplet,
d'un paragraphe, avec flèches hypertextes
pour la suite (»);
Niveau
2, lecture en profondeur : texte
complet avec commentaires des visiteurs.
À
ce dernier niveau, les textes sont peu balayables, mais toujours
subdivisés par idée. De plus, les commentaires
des visiteurs y sont publiés à la suite et dans
la même taille de caractère que celle des carnetiers.
Enfin,
un carnet où les visiteurs ne sont pas refoulés
dans la partie cachée de la page!

Début
Quelques
suggestions d'amélioration :
Réviser
l'ergonomie du carnet, déficiente
à plusieurs égards, selon les observations
de mon confrère Joël
Ronez;
Corriger
la formulation « ll ne sera plus
possible de » par cette autre, plus directe
ou plus concise : « Il sera impossible
de »?;
« War room est au départ
un terme
guerrier » : une « expression »
guerrière?
Est-il
possible d'insérer une balise
d'espace insécable
après les guillemets ouvrants et avant
les fermants («»)?
Corriger
l'usage de « blogue » par
celui de « carnet », plus soigné?
-
Uniformiser l'usage de l'espace
ou
de l'absence
d'espace avant le point
d'interrogation et d'autres signes?

Début
Appréciation générale : un carnet
Web sur la langue française où les carnetiers
prêchent le bon usage et, surtout, l'humilité :
«
Je vous remercie de votre courriel. Javais en effet
oublié de préciser... »
(Paul Roux)
-
L'exemple de la semaine de Cortexte fera relâche
pendant
les vacances de Noël. Joyeuses fêtes à tous! -
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Auriez-vous des pages à me suggérer
pour la qualité de l'écriture Web ou du français?
Assurez-vous auparavant que vos suggestions respectent ces
critères.
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*
L'exemple de la semaine n'est point parfait, et c'est pourquoi
j'écris « La page XYZ est un bon exemple
de qualité d'écriture Web ou de qualité
du français POUR tel ou tel aspect », et
non pour l'ensemble du texte. La langue française ou
l'écriture Web, c'est difficile pour tout le monde!
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